Quand je pense à cette ville

Quand  je pense à cette ville, je revois ses maisons aux façades couvertes de tôle colorée en remplacement du bois interdit depuis le grand incendie de 1915.

Je me vois seule ou avec F, nous sommes attablés en terrasse au Café de Paris, ciel bleu, 25 degrés, c’était un jour d’août. Je suis seule dans les restaurants le soir et ne me sens pas une extra-terrestre.

Je m’enfonce dans les rues au-delà du lac, un musée d’art, la maison de la première présidente du pays, les habitants je ne les rencontre pas, tout au plus quelques mots échangés avec les serveurs des restaurants ou le personnel aux caisses dans les magasins, je ne cherche pas à nouer des liens.

Je revois mon premier contact avec ce pays tant rêvé, passé l’émotion de l’atterrissage, et le trajet en bus vers la ville.

Dans la ville je vois les couleurs, ces magasins de laine rêche, rugueuse, qui griffe la peau, l’anthracite de la pierre de lave, le vert lumineux de la mousse, le rose profond des lupins au printemps.

Je grimpe les rues pour prendre de la hauteur, je monte dans la tour de l’église, il y a des maisons blanches aussi, des toits colorés, vouloir embrasser la ville, sa lumière, ce départ vers l’ailleurs, vouloir tout embrasser et savoir que c’est impossible.

Nous dînons dans un bar à tapas qui propose un florilège de la cuisine locale, juste de quoi titiller les papilles et plonger au-delà des apparences.

Le bras de mer qui sépare la ville de la montagne, le longer vers les faubourgs, le vent, flâner, s’y arrêter, revenir vers la ville, toujours.

Le bâtiment de verre, déjà le verre, comme un kaléidoscope, diffractant le ciel du Nord, le sublimant, le distillant jusque dans mes veines.

Quand je pense à cette ville, je revois la station de bus, tellement improbable cette rencontre d’un professeur de F, si petit le monde, si amusantes les coïncidences, nous prenons la route pour une traversée des terres hautes vers plus de Nord encore.

Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture de François Bon, intitulé « Cycle été 2026 – Chroniques »

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Catherine Koeckx

Citadine depuis toujours, avec Itinéraires pluriels, je partage mon exploration photographique et littéraire de la ville (voir aussi Instagram: @itineraires_pluriels). Il y a la nature aussi, l’aquarelle, les médias mixtes (@catherine_koeckx_art). En 2021, j'ai publié Le Guide lovecraftien de Providence (disponible sur Amazon ou commande privée à catherine.koeckx@gmail.com). En 2023, j'ai publié Dedans la Ville aux Editions Novelas.

3 commentaires sur “Quand je pense à cette ville”

  1. on part à l’aventure dans cette ville rêvée dont on cherche sans cesse à trouver le nom

    alors on se met en quête des incendies qui ont eu lieu en 1915
    1915 : incendie en Sibérie, dans des zones inhabitées : 14 000 000 ha ont brûlé.
    1915: () : accident ferroviaire de Quintinshill : trois trains à voyageurs entrent en collision sur la West Coast Main Line près de Gretna Green en Écosse, et les lampes à gaz dans les voitures causent un grand incendie immédiatement après 
    on trouve aussi un incendie à Ottawa

    je regarde les maisons rouges et blanches, la mer entre la ville et la montagne, je me demande où tu es…
    la dernière phrase poursuit le rêve…

    merci pour ce si beau voyage

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  2. Merci, toujours, Françoise pour tes échos et je suis ravie que mon récit ait suscité ton intérêt et ta curiosité. Il est vrai que proportionnellement à ces grands incendies que tu mentionnes, celui-ci ne devrait pas porter ce qualificatif, mais le pays en question ldésigne comme « grand » l’incendie de 1915 à Reykjavik. Et nous nous dirigions avec Florent vers Akureyri

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