Une enfilade de parcs

Remonter le cours de la rivière comme on remonterait le cours du temps, retrouver les lieux de promenade de l’enfance. C’était jeudi dernier.

Petite incursion dans la rue où je venais jouer chez une amie, perdue de vue depuis longtemps, je m’attarde devant sa maison, il n’y a plus aucun nom sur la boîte aux lettres, j’avais oublié qu’elle avait emménagé juste à côté puisqu’elle avait épousé son voisin. Je rejoins le parcours de la rivière et le moulin à eau.

Le lion, sculpture massive réalisée pour l’Expo 581 . J’ignorais cela, peut-être mes parents le savaient-ils, ils ne me l’ont pas dit. Le centre commercial où j’allais souvent avec ma mère et puis le parc Malou et son château à deux pas d’où j’ai grandi, château qui faisait office de salle des mariages de la commune.

La ville n’est jamais loin. Les boulevards et les avenues longent la rivière. Les parcs se succèdent en enfilade et ne sont que les reliquats de ce qu’était la vallée avant son industrialisation et son urbanisation.

Bruxelles est construite sur une zone marécageuse2 et sa partie est-sud-est est constellée de parcs et d’étangs, artificiels pour la plupart d’entre eux. Creusés à des fins de drainage du terrain pour des raisons esthétiques ou d’exploitation, souvent alimentés par des sources locales, ils m’apparaissent plus époustouflants les uns que les autres. Je traverse une rue perpendiculaire au boulevard et j’entre dans le parc suivant. Et à chaque pas, je m’émerveille un peu plus de cette végétation luxuriante.

J’y reviendrai c’est certain, explorer en détail tout ce qui n’a pas manqué de m’échapper, regarder la beauté des saisons, la montrer surtout car il importe tellement de ne pas prendre pour acquis ce que la nature nous offre.

Quand j’ai besoin de me ressourcer, je pars m’immerger dans la réserve semi-naturelle du Kauwberg, plus proche de chez moi et devenue mon lieu de prédilection depuis plusieurs années. Alors oui, elle, je la connais en toutes saisons. Chaque fois de nouveaux jeux de lumière surgissent, les arbres m’enveloppent, je suis dans une petite forêt entrecoupée de prairies. C’est les vacances, c’était lundi, j’y ai croisé très peu de personnes, un calme absolu.

Parfois, je prolonge la promenade dans le parc qui jouxte la réserve, les arbres sont très hauts ici, je les touche autant que je peux. Il y a des bancs, je m’assois quelques instants sur l’un d’eux dans le prolongement d’un petit étang, artificiel lui aussi, et c’est à ce moment précis que mon amie Françoise m’envoie le lien d’une émission d’entretien avec deux passionnés des arbres qui œuvrent à leur protection  et pour un autre développement des forêts. Ils soulignent que les arbres qui ont été plantés, forcément dans des lieux qu’ils n’ont pas choisis, dans les villes notamment, ont d’autant plus besoin d’attention. Non, décidément le hasard n’existe pas.

  1. L’Exposition universelle de Bruxelles de 1958 ↩︎
  2. Le nom « Bruxelles » est issu d’une forme latinisée, « bruocsella »  du germanique ancien « brok »  (marais) et « sali », devenu en ancien néerlandais « broek » et « sele » (cabane, refuge, habitation) (source : Adolphe Van Loey,  L’étymologie de Bruxelles, in Bulletins de l’Académie royale de Belgique, 1979)
      ↩︎

Journal images | la glycine et le verre

Une image, une phrase (ou un haïku)

Derrière ces portes j’imagine l’océan, comme une invitation au voyage et l’Islande qui depuis quelque temps déjà m’appelle à nouveau, dix ans bientôt que nous ne nous sommes pas vues

Mais en attendant, la ville encore et toujours dans un miroir, une illusion ?

Non plus seulement le bleu mais le vert aussi et les arbres en point d’orgue
(Paris)

La glycine et le verre, tendre association dont seule la ville a le secret

Objectif 2030, le bicentenaire de la Belgique : les échafaudages du Palais de Justice, incrustés dans la pierre depuis plus de quarante ans, rejoignent peu à peu la mémoire du temps laissant une façade nue, éblouie, offerte à la lumière et au vent

Il fallait y penser : donner pour axe à la grande roue, qui désormais jouxte le Palais de Justice, l’obélisque érigée aux disparus de l’infanterie belge durant les deux guerres, un axe parfait ?

Le cœur de la ville et les siècles qui se fondent… n’en revenir jamais

À travers les fleurs
Je vois le même monde
Mais il me sourit

Au long de l’été
Elle, qui nous accompagne
La dame de Nohant

Au détour du chemin bordé de hêtres, l’antre, le refuge, le port d’attache

Escapade littéraire à Paris

Jour 1 | George Sand et Marilyn Monroe

A priori, aucun point commun entre ces deux femmes. Si ce n’est qu’en 2026 on commémorait les 150 ans de la mort de la première (8 juin 1876)  et le centenaire de la naissance de la seconde (1er juin 1926). Et que durant ce bref séjour à Paris, j’ai visité au cours de la même journée le Musée de la vie romantique dont une salle est dédiée à la célèbre romancière et l’expo Marilyn organisée par la Cinémathèque de France.

Le musée est aménagé dans l’ancienne maison-atelier du peintre romantique allemand Ari Scheffer (1795-1858), rue Chaptal, et rassemble une grande partie de ses œuvres. Chopin et George, lorsqu’ils étaient à Paris, avaient un pied à terre à deux pas de là, rue Jean-Baptiste-Pigalle, ils étaient des habitués du salon que tenait le peintre. Quelques tableaux et objets ayant appartenu à cette dernière y sont exposés. Je déjeune ensuite d’une petite salade et d’un crumble abricots-cerises dans le jardin ombragé. C’est calme, juste ce qu’il me faut.

Sur mon chemin vers la Cinémathèque. je m’attarde dans le jardin médiéval du musée de Cluny. Deux dames d’un certain âge prennent place à côté de moi sur le banc où je suis assise. Elles devisent de choses et d’autres, je ne saurais dire de quoi précisément, mais c’est apaisant. Le rat vient s’abreuver dans la mare au milieu des fleurs et plantes qui n’en peuvent plus de chaleur.

L’expo Marilyn est un bijou : extraits de films et d’interviews, superbes tirages photos noir et blanc et couleur, robes issues de collections privées, vêtements et objets destinés à cantonner les femmes et actrices dans leurs rôles de l’époque. Et c’est ici que je ferais un parallèle entre George et Marilyn. Chacune à sa manière a œuvré pour la cause féminine. George par ses écrits, sa verve, sa liberté de ton, son mode de vie, ses tenues vestimentaires et Marilyn, par l’indépendance qu’elle a prise vis-à-vis des maisons de production en créant la sienne propre et en n’ayant de cesse de démontrer au long de sa carrière qu’elle pouvait jouer des rôles bien plus significatifs que ceux auxquels le sexisme a voulu la réduire.

Jour 2 ––  Georges Perec et Balzac

Rendez-vous dans le 16e arrondissement pour la Bulle d’aiR « Perec à Passy », organisée par Anne Savelli et Joachim Séné du collectif L’aiRNu, autour de la rue de l’Assomption où Georges Perec a vécu (N°18). Le N° 18 de la rue de l’Assomption est un bâtiment Art Nouveau de 1925 de Charles Lemaresquier avec dans le haut de sa façade un bas-relief qui représenterait un Bacchus vomissant mais il semble ne pas y avoir d’explication définitive à son sujet.

Des extraits de Rue des Batailles d’Antonin Crenn, Paris de Georges Perec – la ville mode d’emploi, de Denis Cosnard, En lisant en écrivant de Julien Gracq, Lieux, bien sûr de Georges Perec lui-même nous sont lus tour à tour par Anne et Joachim. Nous pénétrons même dans la cour intérieure du Lycée Molière, rue du Ranelagh, où a enseigné Simone de Beauvoir. Enfin nous terminons la balade par un arrêt dans le local de l’aiRNu. Dans le jardin, Anne nous lit un extrait de Renata n’importe quoi de Catherine Guérard.

Impossible de quitter le quartier sans visiter la maison de Balzac, repérée lors de la promenade du matin, et me glisser parmi les nombreuses sculptures à son effigie, admirer sa fameuse cafetière ou la table sans prétention où il a écrit la majeure partie de la Comédie humaine, ou encore les illustrations de son œuvre par Georges Villa et pour moi, cerise sur le gâteau, les matrices typographiques réalisées par Charles Huard de l’ensemble des personnages de la Comédie humaine. Avant de retourner à la cohue du métro parisien, je déguste une délicieuse part de clafoutis aux cerises dans la quiétude du jardin tout en me remémorant ma visite au château de Saché il y a près de quarante ans. Il faudra que j’y retourne un jour.

Journal images | Une ville rêvée

Une image (parfois deux), une phrase

Je continue d’apprendre la patience : après restauration des pages, les cahiers de mon Utrillo sont enfin cousus, la moitié du travail est accompli

Je flâne dans les rues de mon ancien quartier de travail avant de retrouver S. mon ancienne collègue devenue  une amie dès nos premiers jours de travail ensemble

Habitée des reflets du bleu dans la ville, une sorte de prisme au travers duquel je pose sans cesse le regard, je m’invente une ville rêvée, peut-être

La ville, une géométrie éphémère et sans cesse renouvelée. S’y perdre

La canicule semble nous apporter un goût d’automne prématuré mais le calendrier celtique ne nous rappelle-t-il pas que l’automne commence le 1er août ?

Même si ce serait bucolique, cette ancienne gare n’est pas en plein champ mais aux confins de la ville et seul demeure en fonction un arrêt de train avec distributeur automatique de billets sur le quai

Dentelles de feuillage, béton, ombre et verre réunies dans l’étroitesse d’une image

La rue pour moi durant quelques secondes, en profiter avant qu’elle ne soit à nouveau dévorée par l’ogre dénommé Trafic

Je ne me souviens pas d’avoir pris cette photo mais que ne fait-on pas dans un instant d’égarement

La tête d’une chèvre, d’un mouton, d’un humain en souffrance… Et vous, qu’est-ce que vous y voyez ?

Journal images|Une balade aux aurores (ou presque)

Une image, une phrase (ou un haïku)

En dehors de Bruxelles pour quelques centaines de mètres, je ne suis cependant pas dans le pré, c’est juste une impression

Il est huit heures, je rentre dans Bruxelles, jamais je n’ai vu ce rond-point sans voitures, je crois me réveiller dans un autre monde, réminiscence de temps anciens

Un immeuble qui s’évade vers le ciel, se confond avec lui, ce jeu sans fin des reflets

Toujours la nature dans la ville et imaginer qu’un jour peut-être elle recouvrira tout

Rose trémière
Discrète en ce doux matin
Tu m’accompagnes ?

Croiser des pigeons en train de se régaler et décider que celui qui s’approche sera le personnage principal de cette photo, que lui aussi, même s’il n’est qu’un pigeon parmi d’autres, aura son moment privilégié

Branche d’érable du Japon sur fond de maisons bourgeoises tout auréolé d’un fin duvet nuageux, ses feuilles rouges orangées, rousses, au parfum d’automne

Playmobil, rappel du temps de l’enfance, mes enfants me disent : « surtout ne pas jeter les Playmobil ! », alors ils restent là au grenier à attendre une hypothétique nouvelle vie

Avant d’emprunter le pont qui surplombe le chemin de fer, je m’arrête quelques instants devant l’arbre aux papillons, ce buddleia que certains appellent aussi l’arbre aux oiseaux et je pense à celui qui se trouve près de chez moi, en permanence rempli de moineaux

Retrouver les allées d’un petit parc où je n’avais plus mis les pieds depuis très exactement dix ans, j’en avais oublié la configuration, j’en avais presque oublié l’existence, comme oblitérée, et le revoilà sans doute parce que je voulais retrouver cette ruelle du temps où Uccle n’était qu’un village de campagne éloigné de Bruxelles

Journal images|Un royaume d’herbes folles

Une image, une phrase (ou un haïku)

22 juin – Tôt le matin, quelques instants de fraîcheur encore et je prends mon thé en lisant L’enfant de ma mère de Françoise Renaud, un livre qui bouleverse qu’on soit femme, fille, mère ou tout à la fois

23 juin – Au retour du cours de reliure, je cherche l’ombre dans les allées du parc, immanquablement je m’émerveille d’un tel lieu presque au seuil de ma maison

À nouveau dans le soleil brûlant, j’aperçois le grand châtaignier et je pense aux Fougères

24 juin –

De plus en plus chaud
Pic annoncé vendredi
Torpeur à gogo

Pourtant écrire

25 juin – Céleste, pour elle ce doux royaume d’herbes folles, et pour les escargots, les abeilles, les papillons, tous les insectes

26 juin – Journée flottante, le thermomètre ne cesse de grimper même lire est difficile

27 juin – Renoncé à l’expo Hugo Pratt à Liège à cause de la canicule mais dîner le soir avec une amie qui part mercredi pour le Groenland et prépare une valise pleine de pulls, polaires et grosses chaussettes

28 juin – À la nuit tombante, j’ouvre grand la fenêtre de ma salle de bain pour faire courant d’air et cette vue me saisit le coeur

Les mots sont inutiles, la perfection des couleurs

28 juin – Un petit parc en face de chez moi vient de rouvrir, il était délabré, on le disait mal fréquenté et le voilà réaménagé, je pourrai y passer en faisant mes courses

On y a même planté des fougères, ces plantes qui nous viennent de la nuit des temps, hautes en symboles et parées de mystère

Renouer avec la ville

Retour de mon périple en France la semaine dernière. Je passe une nuit dans un Formule 1, petite chambre étriquée, mais nette, proprette, rien à redire, mini salle de bain aussi, je ne me voyais pas me doucher dans ces petites cabines alignées dans le couloir. Déjà la canicule pointait le bout de son nez. Dans la voiture j’avais passé mon temps à ouvrir l’aération (il ne s’agit pas de clim’ dans ces modèles basiques de voitures), la fermer, baisser les vitres, les remonter, mais surtout à pester contre Waze qui avait eu la mauvaise idée de se murer dans le silence en raison sans doute d’une mauvaise manipulation de ma part tandis que je m’enfonçais dans les embouteillages. Ce qui m’a fait rater certaines bifurcations mais il m’a remise dans le droit chemin et j’ai longé la Seine à Boulogne et frôlé du regard les immeubles de la Défense avant d’enfin attraper la A16 vers Beauvais où se trouve le Formule 1.

Minuscule donc la chambrette et cela me change de l’espace quasi infini des Fougères. Depuis le lit, j’ai le nez sur le mur du fond, assez sympathique je dois dire, il est couvert de représentations d’affiches de voyage vintage, aux Etats-Unis pour la plupart et quelques-unes sur les autres continents. Je n’ai quasi rien mangé à midi et assise au bord du lit, je dîne de mon pique-nique. Puis, vue sur les affiches, en une association totalement incongrue, je me mets à Richarme de Françoise Renaud, une manière sans doute de prolonger ces moments de partages (voir mon article précédent, Les Fougères) si foisonnants encore le matin même.

Et quoi de mieux pour renouer doucement avec la ville, après quelques jours d’entre-deux que les étangs d’Ixelles, au côté de la place Flagey et de son célèbre bâtiment « paquebot » à la croisée de l’art déco et du modernisme qui a d’abord servi de Maison de la Radio avant d’être converti en une des meilleures salles de concert d’Europe, paraît-il, en raison de son acoustique exceptionnelle.

Flâner quelques brefs instants le long des étangs par l’avenue Charles de Gaulle (eh oui, même à Bruxelles il y en a une) et petite pensée au passage pour Jean Dominique et Blanche Rousseau (voir mon article précédent Marie Closset alias Jean Dominique, une poétesse oubliée) qui aimaient se promener ici à l’abri des regards indiscrets. Et désormais passer par la place chaque mardi après-midi pour me rendre à l’atelier de reliure à deux arrêts de bus de là.

Les Fougères

ou ma visite à mon amie Françoise Renaud dans la Creuse

Un dernier virage et la maison apparaît, puis la voiture blanche, comme elle me l’a indiqué. Je suis arrivée. Tout juste le temps de me garer, tirer le frein à main, Françoise surgit à la portière, souriante, accueillante. On s’embrasse comme deux amies de toujours alors que jusque-là,  nous n’avions fait qu’échanger virtuellement. Et pour reprendre ses mots, notre connivence s’est rapidement installée.

Conversations et échanges à bâtons rompus sur l’écriture, les livres, la Vie, arrosés de thé noir ou de rooibos selon le moment de la journée, entrecoupés de visites au jardin parmi les coquelicots, la sauge, les ombellifères, les coquelourdes, l’abelia en fleurs comme un écho à celui de mon propre jardin.

Certains se souviendront de ma note de lecture à propos de Carnet de murmures, paru en juin 2025 (Carnet de murmures) où par la magie de la prose poétique et évocatrice de Françoise je lui emboitais le pas dans son domaine des Fougères, goûtais les framboises et les cassis, caressais les coquelicots et les douces poulettes. Et voilà que soudain, tout cela devenait bien réel.

D’autres jardins. Le jardin médiéval de Bénévent-l’Abbaye que Françoise souhaite me montrer. On descend quelques marches bien raides et on se trouve dans un autre monde, celui des moines qui patiemment créaient un jardin utilitaire, plantes médicinales principalement et tinctoriales, disposées en parterres bien définis, agrémentés d’une variété de fleurs qui ravissent l’œil.  Et en point d’orgue, le jardin de George Sand à Nohant, sa roseraie, son petit bois, son potager, ce champ de coquelicots et autres fleurs champêtres où se perdre, et nos conversations se poursuivent sur les bancs du jardin.

Parce que, oui, visiter le domaine de la dame de Nohant figurait à notre programme dès le départ. J’y étais venue déjà en juillet 2013 la semaine du festival Chopin, j’avais assisté à l’Impromptu musical et littéraire – Sand et Chopin à Nohant. Chaises installées pour le public dans l’espace arrière de la maison. Musique délivrée depuis le piano de la salle à manger fenêtre grande ouverte et balade littéraire contée dans le jardin ensuite. Ici, la guide, une inconditionnelle de George, nous mène d’entrée de jeu à la cuisine, pièce maîtresse de la maison, ultramoderne pour l’époque, indispensable puisque George reçoit énormément et met un point d’honneur à bien nourrir son personnel, dans tous les sens du terme puisqu’elle leur apprend même à lire et à écrire. Une pièce qu’on n’oublie pas. Les autres défilent, la salle à manger au lustre rococo en verre de Murano, le salon et sa galerie de portraits de famille, le placard dont elle avait fait sa chambre et son bureau à l’époque de son mari, le petit théâtre, quelques-unes des marionnettes de son fils Maurice, mais cette fois nous n’avons pas pu visiter l’atelier de celui-ci.

Je n’ai pu m’empêcher d’imaginer la guide en costume de George. Au détour d’un couloir, j’aurais eu une seconde d’hésitation tant je lui trouvais le même profil. Sûr qu’aujourd’hui, George aurait, comme elle, porté tatouages et piercings.

Et en un éclair, voilà venu le temps de reprendre la route vers Bruxelles, de retourner chacune à notre monde, nos fleurs, nos animaux, notre écriture avec tous les échos de cette rencontre.

Merci à toi, chère Françoise

Entre Aube et Yonne

Rituel du matin, thé vert et lecture. Depuis le début de semaine, la canicule s’installe, progressivement. Et naviguer. Naviguer entre lecture et rêverie. Les jours passés se posent doucement, dessinent les lieux, les instants, les émotions. Ils s’invitent à rester au travers des mots et des images.

D’abord il y a eu l’Aube et l’Yonne où j’ai tenté fugacement de saisir par le dessin l’essence de quelques pierres et d’un peu de nature et à Tonnerre*,  celle de la Fosse Dionne, source haute en énergie, avec les doigts, l’aquarelle et son eau même. Découvrir un restaurant indien adapté aux palais occidentaux tenu par un jeune Indien aux yeux clairs qui parle un français impeccable. Et puis, ce nouveau rendez-vous tonnerrois, Deuxième Vie, un magasin de brocante tenu par un Anglaise découvert lors de mon dernier passage. Au cours de la conversation, lui parler de mon récent séjour à Lincoln, elle me répond que sa famille est à Lincoln et qu’elle s’y rend très régulièrement. Ça ne s’invente pas. Elle vient d’acquérir une série de petites chouettes en différentes matières. Je ne peux résister, je lui en prends deux.

Depuis Tonnerre, aller-retour ensuite à Saint-Sauveur-en-Puisaye pour visiter la maison d’enfance de Colette, maison bourgeoise comme on nous l’explique et non simple maison campagnarde comme elle-même l’a qualifiée. En témoigne le nombre de fenêtres en façade qui indique un revenu cadastral élevé. Il est vrai que le premier mari de Sido, la mère de Colette, est très riche. Une mauvaise gestion financière de Sido et son second mari obligera la famille à quitter la maison dont Colette ne récupérera l’usufruit que bien plus tard dans sa vie, ce qui ne l’empêchera pas de continuer à vivre ailleurs. Souvent c’est une poignée de passionnés qui font vivre ces maisons d’écrivains. Certains, comme ici, passent une partie de leur vie à tenter de récupérer des objets disséminés dans des collections privées ou de reproduire à l’identique des papiers peints d’époque, ou encore de redonner au jardin son aspect d’autrefois en détruisant la piscine installée par les anciens propriétaires dans le potager de Sido.

Enfin, départ pour la Creuse, à la rencontre de mon amie Françoise Renaud, mais ça ce sera pour un autre épisode. À suivre, donc, demain. C’est Byzance, deux publications cette semaine !

* Stage Carnet de Voyages à l’Atelier du Laurier Rouge de Catherine Mazarguil

Journal images – Bourgogne

Ciels immenses, ciels à 360 degrés qui tournent la tête, respirer, aucune entrave

Coquelicots qui illuminent  les champs et le cœur. Caresse du vent.

Mais où donc vont-ils
Les nuages suivent-ils
Le chemin tracé ?

Simplement flâner, simplement regarder et voir au-delà

La Fosse Dionne, incontournable à Tonnerre. Turquoise, émeraude, survolée de libellules bleues

Abbaye de Pontigny

Pierres anciennes
Ogives et arcades
Passe le souffle