Impressions de Lincoln

Nous débarquons à Lincoln jeudi dernier par le train de East Midlands Railway après un changement à Nottingham où des souvenirs d’il y a près de quarante ans affleurent. La gare n’a de sortie que d’un seul côté des voies et il nous faut traverser le passage à niveau. Plaisir d’enfant que de se placer au milieu des voies pour prendre des photos.

Découvrir notre chambre à la décoration victorienne, des bibelots partout, chinés au fil des années par les charmants propriétaires, des miroirs, des statuettes, des vases, un lustre et des lampes de chevets à franges, nous nous imaginons dans le monde de Jane Austen.

Partir avec ma fille est toujours un délice et une douce aventure. Découvrir un lieu, une ville et s’en imprégner, flâner dans les rues du quartier historique, y passer et repasser, dans les librairies, les boutiques, les charity shops. En Angleterre ils y en a pléthore, certains aménagés et décorés avec goût. Steep Hill est une rue très pittoresque et, comme son nom l’indique, escarpée, et elle vient tout juste d’être élue plus belle rue d’Angleterre. Le soir c’est un procecco en apéro, une pie végé, ou pas, avec de la gravy, ou encore le Sunday roast beef nappé de gravy et légumes du jour.

Nous prenons le train pour nous rendre à Gibraltar Point Natural Reserve où nuages et soleil se partagent le ciel. Nous marchons sur les chemins balisés du marais, nous observons les cygnes, caressons l’aubépine, les roseaux qui ondulent sous le vent.

Côte du Norfolk

Aquarelle et pinceaux

Laisser faire le vent

Et terminer par le vernissage de Carolyn J Roberts, une artiste locale découverte sur YouTube il y a quelques années qui peint la côte du Norfolk, les marais, les rivières et au-delà, les Cornouailles, l’Ecosse, ces paysages qui m’enchantent.

Le Trou aux Crabes

Bruit… bruits de la ville, ronde des camions-poubelles qui commence le lundi et se poursuit d’autres jours en fonction du tri sélectif des déchets. Au loin, étouffés par les arbres et les jardins qui font tampon, bruits de circulation, sirènes de police, pompiers, ambulances, trams toutes les quatre ou cinq minutes. Mais parlons justement des jardins, bruit des jardins au printemps et en été, concerts des tondeuses, tronçonneuses et autres souffleurs de feuilles, taille-haies et coupe-bordures. Il est évident qu’on ne l’entend pas quand on taille sa propre haie ou qu’on tond pour ainsi dire à l’arrache ce qui dans le sien tient lieu d’herbe : origan, séneçon de Jacob, trèfle et jolie pâquerettes, chardons (la fleur de chardon est très belle, je ne la tond pas). Mais quand c’est le jardinier de la voisine qui tond sa belle pelouse style Wimbledon (il se fait, ne riez pas, qu’elle est anglaise et un jour je lui ai demandé comment elle faisait pour avoir un tel gazon, si le fait d’être Anglaise ajoutait à son gazon une magie que je ne possède pas… mais non, elle ne fait rien de spécial m’a-t-elle répondu. J’en ai donc conclu que décidément, oui, l’herbe est plus verte ailleurs) et passe la tondeuse en tous sens et souffle Dieu sait quelles feuilles, c’est une autre affaire. On se cloître fenêtre fermée, casque anti-bruit de piètre qualité vissé sur la tête pour vaquer à ses occupations.

Sortir, oui, après, sortir, marcher, retrouver le calme, se balader dans le parc tout proche. Le découvrir avec stupeur presque désert. Il est vrai que c’est le congé dit de Printemps, les gens sont en vacances, pas d’enfants des écoles, tout au plus quelques promeneurs avec leur chien, des amoureux sur un banc (c’est cliché mais oui, il y en a), le découvrir aussi, par conséquent, silencieux, flâner le long des sentiers, goûter ce silence presque palpable, à nouveau s’en mettre plein la vue, cette fois de ces larges espaces à l’anglaise (et l’herbe y est verte aussi comme le montrent les photos). Prendre le temps de regarder les fleurs, les marronniers en fleurs, les fougères. Traverser le premier petit pont et se retrouver dans la partie plus sauvage du parc. Et pour une fois, prendre le temps d’aller plus loin.

Passer sous un deuxième pont et emprunter un des derniers chemins creux de Bruxelles dit du Trou aux Crabes (Crabbegat de son nom officiel en néerlandais), nom qui ferait référence à des fossiles océaniques retrouvés autrefois. Il y fait sombre,  ne quasi pas apercevoir le ciel gris laiteux.

Tout près de chez moi

Sur les pavés du passé

Voir couler le temps

Émerger de l’autre côté dans l’avenue de Fré, toujours animée, bus, voitures, piéton et se sentir appelée à repasser devant le 33, avenue de l’Échevinage, devant la maison qu’ont jadis habitée Marie Closset et Blanche Rousseau (voir Marie Closset alias Jean Dominique, une poétesse oubliée), actuellement en travaux, capter en une seconde une porte intérieure, l’ébauche d’un salon, se demander si les nouveaux propriétaires savent qui a occupé ces lieux il y a bien longtemps. Se demander si elles ont foulé les pavés du Trou aux crabes.

S’en mettre plein la vue

Revoir la ville

      Cette compagne de toujours

Ciel et lumière

26 avril 2026

Arpenter la ville, la regarder, la vivre, parfois dans ce qu’elle a de moins beau, mais aussi et surtout dans ce qui me ravit l’œil. Toujours ce bleu, ce bleu partout qui se démultiplie dans l’immensité des immeubles vitrés. Un souffle, une étendue, un nuage, un regard au loin. Les nuages s’invitent dans la ville, les suivre en flânant le long du canal. A nous de les voir et leur faire de la place, ils sont la ville aussi.

Des portes qui invitent au mystère, qui peut-être ouvrent sur des jardins secrets. Franchir le seuil, envie d’aller voir de l’autre côté ce qui s’y passe et savoir qu’on ne le fera pas. Imaginer d’autres mondes, des mondes d’avant. Contourner la place, revenir sur mes pas, emprunter cette petite rue que je connais pas.

Et la nature au fil des rues, omniprésente et résiliente, la ville aussi est son territoire, les seuils des maisons, les trottoirs, entre les dalles descellées. Parfois elle s’agrémente de ce que lui apportent les humains et vit en bonne intelligence avec des fleurs d’ordinaire réservées aux parcs et aux jardins.

Et puis la nature à nos fenêtres, au pied des maisons, celle qui égaye les rues quand revient la belle saison, un festival de couleurs, de formes, de textures, cascades et foisonnement, arpenter les rues juste pour s’en mettre plein la vue.

Arpenter les rues

S’en mettre plein la vue

Fleurs en cascades

28 avril 2026

Sagesse et chaos

La corneille observe, perchée sur la rambarde de la terrasse, elle observe l’agitation qui se déroule sous ses pattes, sur la chaussée en contrebas, le bruit incessant de la circulation, rien n’échappe à sa vigilance ni à sa vision panoramique, elle a le sens du détail, peut-être m’a-t-elle vue la regarder, la prendre en photo sur la dentelle de fer forgé qui lui sert de perchoir, elle ignore que je recherche les reflets dans les vitres, que je capte l’abstraction qui s’y dessine, au-delà des voiles qui les habillent, des ombres qui les magnifient. C’était un jour de printemps, ciel bleu parfait, profil ouvragé des façades blanc cassé, des sous-toitures, fine brise qui anime cet arbuste remplis de baies orange.

Comme ce hibou factice posé là par on ne sait qui, on ne sait quand, lui aussi observe son quartier. Ce n’est pas la première fois que je le vois, mais je l’avais oublié. Un jour je lève la tête, comme souvent, et je l’aperçois, impression qui nous toise, qu’il toise ce monde ou aurait-il été placé la pour tenter de nous distiller un peu de sagesse dans ce chaos ? Je me plais à penser que s’il est là, c’est juste pour moi, que son message m’est destiné.

Hier c’était vraiment le chaos, j’étais en centre-ville avec ma fille. Nous nous apprêtons à repartir, moi en tram, elle en train vers Nivelles quand il est annoncé que les lignes de trams, métros et trains qui passent par la gare du Midi sont interrompues sur ordre de police. La gare est évacuée en raison d’une alerte à la bombe. Deux (ou trois ?) colis suspects ont été repérés, l’un dans un train en gare et l’autre sur un quai. Les démineurs sont sur place. On ne sait pas combien de temps il faudra avant que le trafic reprenne. Heureusement nous apprendrons plus tard que les paquets étaient inoffensifs. Nous avons fait un bout à pied pour prendre un autre tram qui croise un arrêt où ma fille a pu prendre un bus pour rentrer chez elle. Quand on prend les transports en commun il faut être créatif.

Lille et la danseuse

Arrivée à Lille 8h39. Je suis à Lille mais je ne vais nulle part. Enfin, pas tout à fait. Je suis ici pour acheter des choses qu’on ne trouve pas en Belgique. A part ça je ne vais nulle part. Pas d’itinéraire, pas de musée, pas de programme. Un café dans une brasserie près de la place Charles de Gaulle. Deux, même. Qu’à cela ne tienne ! Aucune contrainte horaire. Nostalgie diffuse des tubes des années quatre-vingts. Chansons d’il y a quarante ans. Je me demande à quoi je rêvais quand je les écoutais,. Plaisir d’une nostalgie dans l’instant.

Seule compagne de cette journée, La danseuse de Modiano, seul son visage n’est pas flou pour le narrateur. Les minutes s’égrènent le long du canal, les arbres commencent à bourgeonner. Ils s’illuminent d’une brume vert tendre, les jonquilles confirment que le printemps est bien là. Les pigeons furètent dans leur quête perpétuelle de nourriture. Le soleil fait briller les plumes irisées de leur encolure. Je suis du regard le turquoise fluorescent de leur cou loin dans l’allée. Les canards se réchauffent au soleil. La danseuse m’entraîne dans son mystère mais je suis à Lille et je ne vais nulle part. Je flâne dans les rues d’une boutique à l’autre. A l’intérieur de l’une d’elles, pleine à craquer d’objets les plus divers, des représentations encadrées hautes en couleurs de la Vierge, des coussins, tissus colorés indiens, de la vaisselle, des bougies, des statuettes de toutes sortes et près du seuil un vieux petit chien, un chihuahua peut-être, pelage noir et gris blanc, museau grisonnant, assis sur morceau de tissu, il tremble. J’ai envie de le prendre dans mes bras et le rassurer, peut-être cet incessant ballet de jambes qui passent devant lui l’effraie-t-il, il regarde droit devant lui, il a l’air perdu. Personne ne semble s’apercevoir qu’il existe. Mais il ne me connaît pas et prendrait peur.

Je me remets à suivre La danseuse. Elle est à Paris, les noms des rues, quais et boulevards en attestent. Elle aurait aussi bien pu se trouver à Lille, cela n’aurait rien changé au flou du narrateur. Fourbue après avoir visité les sept niveaux du Furet du Nord, je l’invite à s’installer avec moi à une terrasse sur la place, il fait beau, nous dégustons un verre de vin. Elle me raconte sa vie, ses cours avec le célèbre danseur, elle me parle du petit Pierre, son fils qu’elle est allée chercher à la gare d’Austerlitz et qui vit désormais avec elle. Elle me parle du narrateur qui la suit comme son ombre. Soudain, sa voix s’estompe, s’évanouit dans le brouhaha de la ville, les gens qui circulent en tous sens sur la place, les voix, le bruit, c’est une belle soirée de printemps qui s’annonce, un groupe se met à faire de la musique, guitare, batterie, deux jeunes filles à côté de moi commandent un bière, elle parlent fort, ont la vie à se raconter. Je me mets en route vers la gare.

Something’s got to give

Pendant des semaines aucun espace mental pour écrire, des activités et réflexions tous azimuts, le foisonnement de l’été peut-être ? La énième reprise du manuscrit ? Toujours une bonne excuse, oui mais je dois aller ici, oui mais je dois aller là, par-là d’ailleurs à Paris, faire ceci ou ça, du rangement, du tri, tout ça prend du temps et n’avance guère.
Quand j’évoque ma ville, j’ai envie de dormir (quoiqu’il faudrait plutôt se réveiller) et de m’en aller à la campagne, oui mais « la ville passe à l’état de sujet abstrait, de réflexion, d’écriture, nous dit Joachim Séné lors de la Bulle d’Air du 19 août (voir article précédent). Ça, ça me parle. Depuis début septembre, je suis retournée dans mon quartier de travail. « T’habites dans le quartier, t’es du quartier ? » demande Georges Perec dans Espèces d’espace. Non je n’habite pas le quartier, c’est mon quartier de travail, mais c’est aussi mon quartier puisque j’y suis née, j’y ai étudié et j’y ai travaillé.

Observer les changements, petits ou plus importants. Par exemple cette église qu’on vient d’affubler d’un échafaudage. Espérons que le nom de la société qui réalise les travaux, Galère, ne soit pas de mauvais augure quant à l’incrustation dudit échafaudage. Il y a une autre église à Bruxelles qui a disparu sous des échafaudages bâchés il y a plus de dix ans, sans parler de cet autre célèbre bâtiment public qui supporte les siens depuis plus de quarante ans. Il paraît même que ces échafaudages ont dû être rénovés. Mais pour l’heure les travaux ont repris. Objetif : le bicentenaire en 2030. On veut y croire.

L’automne pointe le bout du nez, ces derniers jours on hésite, l’été n’en finit pas de s’étirer, mais la saison dorée s’en vient. Mais dans la ville, s’aperçoit-on de l’automne ? La lumière ne trompe pas, plus douce, plus veloutée, plus subtile. Et les arbres. Il y a beaucoup d’arbres dans le quartier. S’ils n’ont pas encore revêtu leur habit automnal, leurs feuilles se ternissent, se racornissent. Finie la splendeur des mois d’été. Celle de l’automne n’est pas encore installée. On est dans un entre-deux.

Aujourd’hui la grisaille est de mise. La circulation chaotique a repris son cours, les vélos cargos chargés d’enfants serpentent. Je n’aurais pas voulu être à leur place. Le chef arrive énervé à cause du métro qui est resté été bloqué alors qu’il débarquait à temps à la Gare du Midi. D’un jour à l’autre tout peut basculer. Il fait à peine plus frais, il fait même chaud encore dans les intérieurs, dans les bureaux. Something’s got to give. Quelque chose doit craquer. Oui mais quand ?

Réel ou fiction

Réel ou fiction, ou les deux, un pied d’un côté, un pied de l’autre.

Peu de mots aujourd’hui. Surtout des images, d’un quartier que je continue d’explorer quasi quotidiennement pour quelques mois encore. Je l’appelle mon quartier de travail. Comment l’appellerai-je ensuite ? Quand des collègues me demandent d’où je suis je leur dis que je suis d’ici. Je suis née dans le quartier.
 

Bulle d’aiR à Paris

Revenir à Paris après dix ans. Arpenter Belleville avec Anne Savelli lors d’une balade « Bulle d’aiR » (L’aiR Nu) organisée pour ses abonnés Patreon sur le thème des oloés (mot qu’elle a inventé et qui désigne les lieux Où Lire Où Écrire.) Rendez-vous nous était donné sur la place Colonel-Fabien devant les grilles du siège du parti communiste. Une place en pleins travaux d’aménagement d’une forêt urbaine – concept quelque peu antinomique que je découvre – réaménagement et végétalisation d’un lieu hautement urbain. Anne Savelli nous emmène sur ses lieux où lire où écrire.

Anne Savelli

Ecrire en ville ? À la bibliothèque ? Pas si simple. Entendre sur le lieu même – la Bibliothèque François-Villon – l’extrait de son livre Des Oloés qui s’y rapporte ou plus loin, son évocation dans Lier les lieux, élargir l’espace, du lieu de naissance de George Perec, et en face dans celui où il croyait être né, rencontre dans son appartement timbre-poste de l’artiste au crochet Lya Garcia et son univers d’animaux fantastiques et de chapeaux extraordinaires. Et puis la butte Bergeyre où j’ai l’impression de marcher dans des rues proches de chez moi.

Lya Garcia

Vendredi, plongée dans Le Paris d’Agnès Varda, de ci de là au Musée Carnavalet, exposition dynamique qui mêle admirablement les photos, les extraits de films  et d’interviews filmés et les documents numériques. Le soir, à L’Ours et la veille grille, écouter les extraits croisés de L’éternité est un jeu de taquin par Sophie Coiffier, Terminus provisoire par Antonin Crenn et Lier les lieux, élargir l’espace par Anne Savelli, livres qu’ils ont publié dans la Collection « Perec 53 » des éditions L’Œil ébloui.

Sophie Coiffier, Anne Savelli, Antonin Crenn

48 heures intenses de rencontres, voir (certains pour la première fois « en vrai ») et revoir des amis en écriture. Bulle d’air salutaire en ces temps chaotiques.

Soleil Ogre

J’ai perdu mon amie sans l’avoir mérité… Les paroles n’ont rien d’enfantin. Elles sont tentatives de consolation. La Chine ? Être l’amie d’un voyage lointain, complexe, un voyage dont elle dira c’est le nôtre. Baignée des derniers rayons du crépuscule, Catherine Serre, devant la boutique de MaelstrÖm ReEvolution nous dit un passage de Soleil Ogre, son nouvel opus.        
Trois personnages principaux : l’amie, la narratrice et le Soleil. Nous avons tous besoin du soleil, mais elle, l’amie, sans lui, elle dépérit. L’amie tourne autour du soleil, elle le poursuit à travers le monde, en hiver elle hiberne, se nourrit de coquillettes au beurre fondu alors qu’en été, elle croque les pèches, les melons, se gorge de soleil, l’ingurgite, mais lui, il la brûle. Le soleil la dévore. Ses récits autour du monde illuminent le livre. Elle a quarante ans, elle sait que la fin du voyage est proche. Dans ce récit poétique, de sa prose dense et charnue, qui nous touche et nous ravit, Catherine Serre évoque cette amitié fascinante, l’amie cheffe d’orchestre. Ça te dirait la Chine ? C’est un voyage unique, tu viendras. Se sentir l’élue et pourtant ne pas donner suite. L’amie ne relève pas la fausse note. L’amie qui dit quand ses amies viennent et vont. Va t’en. Ne reviens pas. Être aux côtés de l’amie jusqu’au bout, même loin. Je me tiens à l’ourlet de l’ombre, elle marche en plein soleil.

Rencontrer les poètes et les poétesses d’aujourd’hui. À la Maison Poème, lieu de croisement culturel et d’expérimentation, littérature, musique, arts vivants, créations sonores et visuelles. Au micro de la salle elles et ils se succèdent et performent, théâtralité, gestuelle, musique, vidéos, bruitage, un art scénique à part entière. La langue des signes s’y invite, timidement. Bar sympa, convivial, des amitiés en écriture sont nées et pour l’ouverture du Fiestival Maelström Reevolution, se retrouvent. Grâce au Tiers Livre de François Bon, déjà trois ans que je rencontre Catherine Serre.`

Poètes et slammeurs s’affrontent au cours de joutes poétiques, d’autres présentent leurs nouveaux livres, leurs recueils, la scène leur est ouverte après que l’on ait entendu une conversation d’écrivains et éditeurs des îles (du Sud) à propos des difficultés de l’édition hors de la métropole. C’est le Fiestival de MaelstÖm ReEvolution, chaque année à la fin du mois de mai à Bruxelles.

Fenêtres inversées

Fenêtres décors, identités visuelles, visual merchandising, fenêtres mondes fenêtres univers. D’un seul coup d’œil capter ce que propose la marque, les marques, la boutique, l’enseigne, le bar, le restaurant. Donner au passant le goût de s’arrêter quelques secondes, lui donner envie de ne pas faire que passer, de pousser la porte, d’entrer, de s’attarder, voire même de s’installer si c’est un bar ou un restaurant.

Je me souviens de cette boutique à Paris il y a plus de dix ans, rue de la Vieuville une artiste y tenait sa boutique-atelier, le rêve de tout.e artiste, comme la librairie salon de thé pour l’amoureu.x.se des livres. Je me souviens de tringles de vêtements féminins légers et blancs, d’objets chinés parmi ses créations, subtile harmonie. Au fond donnant sur une cour, son atelier.

Vitrines univers, pages de catalogue 3D, offrir à la vue la quintessence du lieu, dire presque tout, juste trop peu, inviter. Reflets d’un monde, reflets du monde, Marilyn sur fond de ville palladienne en fuite vers l’horizon, ne portait-elle pas ce T-shirt à rayures rouges et blanches dans un de ses films ? Deux personnes avec un chien discutent en face de la librairie, reflet ou photo, au milieu du livre Forgotten Churches par Luke Sherlock, propriétaire des lieux, juste paru et décuplé à l’envi.

Fenêtres mises en scènes, écran ou reflet, film, statique, mouvement, quelqu’un entre ou sort, où va-t-il, lumière dans la lumière, fenêtres miroirs, dedans dehors on ne sait plus.

Le chat, lui, il sait, il regarde par la fenêtre, il regarde dehors.