Sortir de la bulle
Aller à gauche à droite
Il faut atterrir
Il est des moments, des retours, des jours où tout semble désajusté, décalé, on est dans un sas, un hall d’entrée, ou de sortie, un no man’s land, quand tu sors d’une pièce, d’un lieu qui n’est pas familier, une salle de cinéma où tu es partie ailleurs pendant deux heures et demie, quand tu en sors pendant une fraction de seconde tu hésites sur la direction à prendre, droite ou gauche, gauche ou droite, sauf que des fois ça peut durer la journée, te réajuster, tu flottes, tu n’atterris pas vraiment, tu regardes sans voir, tu ne sais où mettre de la tête, le jardin est là, il t’attend, tu le regardes sans le voir, demain tu t’en occuperas.
C’est l’été soudain
Déjà chercher la fraîcheur
Qu’hier tu esquivais
Soudain, oui. Non qu’il s’installe petit à petit, non, il tombe comme une chape de plomb. Pour le coup, la voie du milieu, on oublie. Remisés au placard les cardigans et les foulards, même si un soir on les avait quand même emportés dans le tote bag pour si jamais, sortis les pantalons souples, les robes amples et chaque fois oublier d’emporter l’éventail.

La rose Princesse de Monaco
Au faîte du toi
La pie pose son regard
Clin d’œil puis s’envole
Au faîte du toit la pie semble regarder le monde, ce monde qui s’étend à ses pattes, ces maisons et ces jardins qui lui sont familiers. De temps à autre, elle se pose dans mon jardin à la recherche de vers de terre et d’insectes. Et si elle pensait, que penserait-elle de notre monde ?
Lune qui se remplit
Dans son ciel bleu rose et lourd
Douceur et sagesse
Ciel bleu légèrement rosé, lourd de chaleur, tel une dentelle diaphane, le premier quartier de lune continue de croître. Sentir sa douceur s’écouler comme un élixir, sa sagesse comme un baume et dans quelques jours sa lumière prendra le pas sur l’ombre.

Où est-il passé
Ce jour que je n’ai même pas
Regardé vivre
A peine commencé, déjà passé, mais à quoi ? Un peu de ceci un peu de cela, beaucoup de pensées, trop. Repenser aux jours qui ont précédé, rencontres et découvertes, des chansons qui soudain reviennent et taraudent, écouter leur message, ou pas, un peu travailler dans le jardin, un peu cuisiner, un peu de ceci, un peu de cela. Et puis s’en aller rencontrer une amie en phase de déménagement qui me propose de choisir parmi les livres qu’elle n’emporte pas, ceux qui me plaisent, boire avec elle du mousseux rosé et refaire le monde.

La rose Katherine Morley



















































