Derrière ces portes j’imagine l’océan, comme une invitation au voyage et l’Islande qui depuis quelque temps déjà m’appelle à nouveau, dix ans bientôt que nous ne nous sommes pas vues
Mais en attendant, la ville encore et toujours dans un miroir, une illusion ?
Non plus seulement le bleu mais le vert aussi et les arbres en point d’orgue (Paris)
La glycine et le verre, tendre association dont seule la ville a le secret
Objectif 2030, le bicentenaire de la Belgique : les échafaudages du Palais de Justice, incrustés dans la pierre depuis plus de quarante ans, rejoignent peu à peu la mémoire du temps laissant une façade nue, éblouie, offerte à la lumière et au vent
Il fallait y penser : donner pour axe à la grande roue, qui désormais jouxte le Palais de Justice, l’obélisque érigée aux disparus de l’infanterie belge durant les deux guerres, un axe parfait ?
Le cœur de la ville et les siècles qui se fondent… n’en revenir jamais
À travers les fleurs Je vois le même monde Mais il me sourit
Au long de l’été Elle, qui nous accompagne La dame de Nohant
Au détour du chemin bordé de hêtres, l’antre, le refuge, le port d’attache
Un récit biographique et poétique de Françoise Renaud
Richarme, Colette de son prénom, est une artiste peintre française née à Canton en Chine à l’aube du XXe siècle. Elle a grandi en Savoie et vécu la majeure partie de sa vie en Languedoc.
Nous nous sommes vraiment rencontrées, elle et moi, quelque part au-delà du temps, comme une magie en dehors de la présence des corps, m’a confié Françoise Renaud. De telles rencontres ne tiennent pas du hasard. Les filles de Richarme souhaitaient qu’un.e écrivain.e réalise un ouvrage sur leur mère, porte sur elle un regard nouveau. Leurs chemins à toutes se sont croisés.
Au-delà du blanc est un récit entre biographie, trajet intime et réflexion sur la peinture où le « je » et le « elle » se côtoient dans un bel équilibre. Au fil des pages, Françoise partage avec nous sa propre découverte de Richarme et de ce qui l’a menée à se consacrer corps et âme à la peinture. à la magie des couleurs, à l’art de les fondre toutes jusqu’à cette quintessence qu’est le blanc, à chercher toute sa vie le passage du visible à l’invisible, l’universelle beauté… et puis les arbres en floraison, les fumées, les nuées, les écumes de brume et de mer. Jusqu’à l’éther.
Printemps en Languedoc, 1963 – Huile sur toile, 54×81 Coll. Atelier Richarme – Photo P. Schwartz
Par son évocation fine et sensible, Françoise saisit et restitue parfaitement l’essentiel de la vie de la peintre et de sa personne, et elle contribue tellement bien à nous la rendre attachante.
Et puis tant de passerelles entre ces deux artistes. L’écriture – ou la peinture – raconte au-delà de l’histoire personnelle, tentant de s’approcher à force de travail et de brûlure d’un langage qu’on pourrait qualifier d’universel. […]pour écrire, il faut aussi s’entraîner les yeux, rechercher l’accord avec l’âme et s’astreindre à la besogne quotidienne [… ]. Tant de liens jusqu’au profond de la vie.
On ressort de cette lecture conquis par la peinture de Richarme et par Richarme elle-même.
Nature morte aux artichauts, 1989 – Huile sur toile, 54×65 – Photo P. Schwartz
Tours dans la nuit, 1982 – Huile sur toile, 81 x 100 Musée Fabre, Montpellier – Photo P. Schwatz
A priori, aucun point commun entre ces deux femmes. Si ce n’est qu’en 2026 on commémorait les 150 ans de la mort de la première (8 juin 1876) et le centenaire de la naissance de la seconde (1er juin 1926). Et que durant ce bref séjour à Paris, j’ai visité au cours de la même journée le Musée de la vie romantique dont une salle est dédiée à la célèbre romancière et l’expo Marilyn organisée par la Cinémathèque de France.
Le musée est aménagé dans l’ancienne maison-atelier du peintre romantique allemand Ari Scheffer (1795-1858), rue Chaptal, et rassemble une grande partie de ses œuvres. Chopin et George, lorsqu’ils étaient à Paris, avaient un pied à terre à deux pas de là, rue Jean-Baptiste-Pigalle, ils étaient des habitués du salon que tenait le peintre. Quelques tableaux et objets ayant appartenu à cette dernière y sont exposés. Je déjeune ensuite d’une petite salade et d’un crumble abricots-cerises dans le jardin ombragé. C’est calme, juste ce qu’il me faut.
Sur mon chemin vers la Cinémathèque. je m’attarde dans le jardin médiéval du musée de Cluny. Deux dames d’un certain âge prennent place à côté de moi sur le banc où je suis assise. Elles devisent de choses et d’autres, je ne saurais dire de quoi précisément, mais c’est apaisant. Le rat vient s’abreuver dans la mare au milieu des fleurs et plantes qui n’en peuvent plus de chaleur.
L’expo Marilyn est un bijou : extraits de films et d’interviews, superbes tirages photos noir et blanc et couleur, robes issues de collections privées, vêtements et objets destinés à cantonner les femmes et actrices dans leurs rôles de l’époque. Et c’est ici que je ferais un parallèle entre George et Marilyn. Chacune à sa manière a œuvré pour la cause féminine. George par ses écrits, sa verve, sa liberté de ton, son mode de vie, ses tenues vestimentaires et Marilyn, par l’indépendance qu’elle a prise vis-à-vis des maisons de production en créant la sienne propre et en n’ayant de cesse de démontrer au long de sa carrière qu’elle pouvait jouer des rôles bien plus significatifs que ceux auxquels le sexisme a voulu la réduire.
Jour 2 –– Georges Perec et Balzac
Rendez-vous dans le 16e arrondissement pour la Bulle d’aiR « Perec à Passy », organisée par Anne Savelli et Joachim Séné du collectif L’aiRNu, autour de la rue de l’Assomption où Georges Perec a vécu (N°18). Le N° 18 de la rue de l’Assomption est un bâtiment Art Nouveau de 1925 de Charles Lemaresquier avec dans le haut de sa façade un bas-relief qui représenterait un Bacchus vomissant mais il semble ne pas y avoir d’explication définitive à son sujet.
Des extraits de Rue des Batailles d’Antonin Crenn, Paris de Georges Perec – la ville mode d’emploi, de Denis Cosnard, En lisant en écrivant de Julien Gracq, Lieux, bien sûr de Georges Perec lui-même nous sont lus tour à tour par Anne et Joachim. Nous pénétrons même dans la cour intérieure du Lycée Molière, rue du Ranelagh, où a enseigné Simone de Beauvoir. Enfin nous terminons la balade par un arrêt dans le local de l’aiRNu. Dans le jardin, Anne nous lit un extrait de Renata n’importe quoi de Catherine Guérard.
Impossible de quitter le quartier sans visiter la maison de Balzac, repérée lors de la promenade du matin, et me glisser parmi les nombreuses sculptures à son effigie, admirer sa fameuse cafetière ou la table sans prétention où il a écrit la majeure partie de la Comédie humaine, ou encore les illustrations de son œuvre par Georges Villa et pour moi, cerise sur le gâteau, les matrices typographiques réalisées par Charles Huard de l’ensemble des personnages de la Comédie humaine. Avant de retourner à la cohue du métro parisien, je déguste une délicieuse part de clafoutis aux cerises dans la quiétude du jardin tout en me remémorant ma visite au château de Saché il y a près de quarante ans. Il faudra que j’y retourne un jour.
Je continue d’apprendre la patience : après restauration des pages, les cahiers de mon Utrillo sont enfin cousus, la moitié du travail est accompli
Je flâne dans les rues de mon ancien quartier de travail avant de retrouver S. mon ancienne collègue devenue une amie dès nos premiers jours de travail ensemble
Habitée des reflets du bleu dans la ville, une sorte de prisme au travers duquel je pose sans cesse le regard, je m’invente une ville rêvée, peut-être
La ville, une géométrie éphémère et sans cesse renouvelée. S’y perdre
La canicule semble nous apporter un goût d’automne prématuré mais le calendrier celtique ne nous rappelle-t-il pas que l’automne commence le 1er août ?
Même si ce serait bucolique, cette ancienne gare n’est pas en plein champ mais aux confins de la ville et seul demeure en fonction un arrêt de train avec distributeur automatique de billets sur le quai
Dentelles de feuillage, béton, ombre et verre réunies dans l’étroitesse d’une image
La rue pour moi durant quelques secondes, en profiter avant qu’elle ne soit à nouveau dévorée par l’ogre dénommé Trafic
Je ne me souviens pas d’avoir pris cette photo mais que ne fait-on pas dans un instant d’égarement
La tête d’une chèvre, d’un mouton, d’un humain en souffrance… Et vous, qu’est-ce que vous y voyez ?
En dehors de Bruxelles pour quelques centaines de mètres, je ne suis cependant pas dans le pré, c’est juste une impression
Il est huit heures, je rentre dans Bruxelles, jamais je n’ai vu ce rond-point sans voitures, je crois me réveiller dans un autre monde, réminiscence de temps anciens
Un immeuble qui s’évade vers le ciel, se confond avec lui, ce jeu sans fin des reflets
Toujours la nature dans la ville et imaginer qu’un jour peut-être elle recouvrira tout
Rose trémière Discrète en ce doux matin Tu m’accompagnes ?
Croiser des pigeons en train de se régaler et décider que celui qui s’approche sera le personnage principal de cette photo, que lui aussi, même s’il n’est qu’un pigeon parmi d’autres, aura son moment privilégié
Branche d’érable du Japon sur fond de maisons bourgeoises tout auréolé d’un fin duvet nuageux, ses feuilles rouges orangées, rousses, au parfum d’automne
Playmobil, rappel du temps de l’enfance, mes enfants me disent : « surtout ne pas jeter les Playmobil ! », alors ils restent là au grenier à attendre une hypothétique nouvelle vie
Avant d’emprunter le pont qui surplombe le chemin de fer, je m’arrête quelques instants devant l’arbre aux papillons, ce buddleia que certains appellent aussi l’arbre aux oiseaux et je pense à celui qui se trouve près de chez moi, en permanence rempli de moineaux
Retrouver les allées d’un petit parc où je n’avais plus mis les pieds depuis très exactement dix ans, j’en avais oublié la configuration, j’en avais presque oublié l’existence, comme oblitérée, et le revoilà sans doute parce que je voulais retrouver cette ruelle du temps où Uccle n’était qu’un village de campagne éloigné de Bruxelles
22 juin – Tôt le matin, quelques instants de fraîcheur encore et je prends mon thé en lisant L’enfant de ma mère de Françoise Renaud, un livre qui bouleverse qu’on soit femme, fille, mère ou tout à la fois
23 juin – Au retour du cours de reliure, je cherche l’ombre dans les allées du parc, immanquablement je m’émerveille d’un tel lieu presque au seuil de ma maison
À nouveau dans le soleil brûlant, j’aperçois le grand châtaignier et je pense aux Fougères
24 juin –
De plus en plus chaud Pic annoncé vendredi Torpeur à gogo
Pourtant écrire
25 juin – Céleste, pour elle ce doux royaume d’herbes folles, et pour les escargots, les abeilles, les papillons, tous les insectes
26 juin – Journée flottante, le thermomètre ne cesse de grimper même lire est difficile
27 juin – Renoncé à l’expo Hugo Pratt à Liège à cause de la canicule mais dîner le soir avec une amie qui part mercredi pour le Groenland et prépare une valise pleine de pulls, polaires et grosses chaussettes
28 juin – À la nuit tombante, j’ouvre grand la fenêtre de ma salle de bain pour faire courant d’air et cette vue me saisit le coeur
Les mots sont inutiles, la perfection des couleurs
28 juin – Un petit parc en face de chez moi vient de rouvrir, il était délabré, on le disait mal fréquenté et le voilà réaménagé, je pourrai y passer en faisant mes courses
On y a même planté des fougères, ces plantes qui nous viennent de la nuit des temps, hautes en symboles et parées de mystère
Retour de mon périple en France la semaine dernière. Je passe une nuit dans un Formule 1, petite chambre étriquée, mais nette, proprette, rien à redire, mini salle de bain aussi, je ne me voyais pas me doucher dans ces petites cabines alignées dans le couloir. Déjà la canicule pointait le bout de son nez. Dans la voiture j’avais passé mon temps à ouvrir l’aération (il ne s’agit pas de clim’ dans ces modèles basiques de voitures), la fermer, baisser les vitres, les remonter, mais surtout à pester contre Waze qui avait eu la mauvaise idée de se murer dans le silence en raison sans doute d’une mauvaise manipulation de ma part tandis que je m’enfonçais dans les embouteillages. Ce qui m’a fait rater certaines bifurcations mais il m’a remise dans le droit chemin et j’ai longé la Seine à Boulogne et frôlé du regard les immeubles de la Défense avant d’enfin attraper la A16 vers Beauvais où se trouve le Formule 1.
Minuscule donc la chambrette et cela me change de l’espace quasi infini des Fougères. Depuis le lit, j’ai le nez sur le mur du fond, assez sympathique je dois dire, il est couvert de représentations d’affiches de voyage vintage, aux Etats-Unis pour la plupart et quelques-unes sur les autres continents. Je n’ai quasi rien mangé à midi et assise au bord du lit, je dîne de mon pique-nique. Puis, vue sur les affiches, en une association totalement incongrue, je me mets à Richarme de Françoise Renaud, une manière sans doute de prolonger ces moments de partages (voir mon article précédent, Les Fougères) si foisonnants encore le matin même.
Et quoi de mieux pour renouer doucement avec la ville, après quelques jours d’entre-deux que les étangs d’Ixelles, au côté de la place Flagey et de son célèbre bâtiment « paquebot » à la croisée de l’art déco et du modernisme qui a d’abord servi de Maison de la Radio avant d’être converti en une des meilleures salles de concert d’Europe, paraît-il, en raison de son acoustique exceptionnelle.
Flâner quelques brefs instants le long des étangs par l’avenue Charles de Gaulle (eh oui, même à Bruxelles il y en a une) et petite pensée au passage pour Jean Dominique et Blanche Rousseau (voir mon article précédent Marie Closset alias Jean Dominique, une poétesse oubliée) qui aimaient se promener ici à l’abri des regards indiscrets. Et désormais passer par la place chaque mardi après-midi pour me rendre à l’atelier de reliure à deux arrêts de bus de là.
Un dernier virage et la maison apparaît, puis la voiture blanche, comme elle me l’a indiqué. Je suis arrivée. Tout juste le temps de me garer, tirer le frein à main, Françoise surgit à la portière, souriante, accueillante. On s’embrasse comme deux amies de toujours alors que jusque-là, nous n’avions fait qu’échanger virtuellement. Et pour reprendre ses mots, notre connivence s’est rapidement installée.
Conversations et échanges à bâtons rompus sur l’écriture, les livres, la Vie, arrosés de thé noir ou de rooibos selon le moment de la journée, entrecoupés de visites au jardin parmi les coquelicots, la sauge, les ombellifères, les coquelourdes, l’abelia en fleurs comme un écho à celui de mon propre jardin.
Certains se souviendront de ma note de lecture à propos de Carnet de murmures, paru en juin 2025 (Carnet de murmures) où par la magie de la prose poétique et évocatrice de Françoise je lui emboitais le pas dans son domaine des Fougères, goûtais les framboises et les cassis, caressais les coquelicots et les douces poulettes. Et voilà que soudain, tout cela devenait bien réel.
D’autres jardins. Le jardin médiéval de Bénévent-l’Abbaye que Françoise souhaite me montrer. On descend quelques marches bien raides et on se trouve dans un autre monde, celui des moines qui patiemment créaient un jardin utilitaire, plantes médicinales principalement et tinctoriales, disposées en parterres bien définis, agrémentés d’une variété de fleurs qui ravissent l’œil. Et en point d’orgue, le jardin de George Sand à Nohant, sa roseraie, son petit bois, son potager, ce champ de coquelicots et autres fleurs champêtres où se perdre, et nos conversations se poursuivent sur les bancs du jardin.
Parce que, oui, visiter le domaine de la dame de Nohant figurait à notre programme dès le départ. J’y étais venue déjà en juillet 2013 la semaine du festival Chopin, j’avais assisté à l’Impromptu musical et littéraire – Sand et Chopin à Nohant. Chaises installées pour le public dans l’espace arrière de la maison. Musique délivrée depuis le piano de la salle à manger fenêtre grande ouverte et balade littéraire contée dans le jardin ensuite. Ici, la guide, une inconditionnelle de George, nous mène d’entrée de jeu à la cuisine, pièce maîtresse de la maison, ultramoderne pour l’époque, indispensable puisque George reçoit énormément et met un point d’honneur à bien nourrir son personnel, dans tous les sens du terme puisqu’elle leur apprend même à lire et à écrire. Une pièce qu’on n’oublie pas. Les autres défilent, la salle à manger au lustre rococo en verre de Murano, le salon et sa galerie de portraits de famille, le placard dont elle avait fait sa chambre et son bureau à l’époque de son mari, le petit théâtre, quelques-unes des marionnettes de son fils Maurice, mais cette fois nous n’avons pas pu visiter l’atelier de celui-ci.
Je n’ai pu m’empêcher d’imaginer la guide en costume de George. Au détour d’un couloir, j’aurais eu une seconde d’hésitation tant je lui trouvais le même profil. Sûr qu’aujourd’hui, George aurait, comme elle, porté tatouages et piercings.
Et en un éclair, voilà venu le temps de reprendre la route vers Bruxelles, de retourner chacune à notre monde, nos fleurs, nos animaux, notre écriture avec tous les échos de cette rencontre.
Rituel du matin, thé vert et lecture. Depuis le début de semaine, la canicule s’installe, progressivement. Et naviguer. Naviguer entre lecture et rêverie. Les jours passés se posent doucement, dessinent les lieux, les instants, les émotions. Ils s’invitent à rester au travers des mots et des images.
D’abord il y a eu l’Aube et l’Yonne où j’ai tenté fugacement de saisir par le dessin l’essence de quelques pierres et d’un peu de nature et à Tonnerre*, celle de la Fosse Dionne, source haute en énergie, avec les doigts, l’aquarelle et son eau même. Découvrir un restaurant indien adapté aux palais occidentaux tenu par un jeune Indien aux yeux clairs qui parle un français impeccable. Et puis, ce nouveau rendez-vous tonnerrois, Deuxième Vie, un magasin de brocante tenu par un Anglaise découvert lors de mon dernier passage. Au cours de la conversation, lui parler de mon récent séjour à Lincoln, elle me répond que sa famille est à Lincoln et qu’elle s’y rend très régulièrement. Ça ne s’invente pas. Elle vient d’acquérir une série de petites chouettes en différentes matières. Je ne peux résister, je lui en prends deux.
Depuis Tonnerre, aller-retour ensuite à Saint-Sauveur-en-Puisaye pour visiter la maison d’enfance de Colette, maison bourgeoise comme on nous l’explique et non simple maison campagnarde comme elle-même l’a qualifiée. En témoigne le nombre de fenêtres en façade qui indique un revenu cadastral élevé. Il est vrai que le premier mari de Sido, la mère de Colette, est très riche. Une mauvaise gestion financière de Sido et son second mari obligera la famille à quitter la maison dont Colette ne récupérera l’usufruit que bien plus tard dans sa vie, ce qui ne l’empêchera pas de continuer à vivre ailleurs. Souvent c’est une poignée de passionnés qui font vivre ces maisons d’écrivains. Certains, comme ici, passent une partie de leur vie à tenter de récupérer des objets disséminés dans des collections privées ou de reproduire à l’identique des papiers peints d’époque, ou encore de redonner au jardin son aspect d’autrefois en détruisant la piscine installée par les anciens propriétaires dans le potager de Sido.
Enfin, départ pour la Creuse, à la rencontre de mon amie Françoise Renaud, mais ça ce sera pour un autre épisode. À suivre, donc, demain. C’est Byzance, deux publications cette semaine !