Journal images | La ville sans fard

Une image, une phrase (ou deux)

L’exact bleu du ciel dans l’enseigne du métro, les nuages, le même blanc grisé dans la lettre M, M comme métro, comme miroir, mère, myriade, métal ou encore mouton et dans les vitres ce même bleu, ce même gris mais aussi la couleur de la peau, les courbes d’un corps, des yeux et peut-être que je m’y perds

Panne d’électricité dans un couloir du métro, des silhouettes fantomatiques, dont je suis, qui vont et viennent, la lumière au bout du tunnel

Guetter son apparition à la fenêtre, derrière les rideaux blancs et le feuillage d’automne, la musique des mots, les mots murmurés, dans un souffle

Ainsi concevait-on les prisons à la fin du XIXe siècle : robustesse, austérité, dissuasion, l’image d’un château fort médiéval qui en impose dans le paysage urbain. Rendez-vous samedi dernier devant l’entrée principale de la prison de Saint-Gilles pour une visite des quartiers alentour

L’église Saint-Augustin, une des rares églises de style moderniste à Bruxelles, on s’apprête à gravir les quelques 200 marches en béton réduites dans le haut de la tour à un étroit et interminable colimaçon, prendre de la hauteur toujours pour saisir la ville, offerte, sans apprêt et sans fard, authentique

Arcs de cercle, diagonales, droites, triangles encadrés par les douze apôtres, la Vierge taguée, un abri de fortune occupé ou abandonné, on ne sait, cadavres de bouteilles, paquets de cigarettes vides, écrasés, restes de snacks, impossible de comprendre ce que disent les tags

Petit salon improvisé sur le trottoir, on se débouche une canette ? Non, merci, je suis déjà en retard, ce soir peut-être ?

Le troisième dimanche de septembre, c’est la traditionnelle journée sans voiture à Bruxelles, mais pas sans tram, bus, taxis qui roulent sur le site propre, ni sans voitures de police, ambulances ou et autres véhicules avec dérogation, pas si souvent qu’en ville on peut se mettre en plein milieu de la chaussée, rien derrière moi, le tram arrive en face j’ai le temps

Ce dôme, parfait prolongement de l’arbre, le vert-de-gris, la patine du bronze, les étoiles dorées, on ne sait trop quelle était la couleur d’origine, on voudrait se laisser emporter dans cet enlacement

Et ce vitrail à Saint-Augustin comme un écho… bleu ciel, vert-bleu, jaune orangé, violet, vert-de-gris, rose, jaune vert, un chatoiement art-déco

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Catherine Koeckx

Citadine depuis toujours, avec Itinéraires pluriels, je partage mon exploration photographique et littéraire de la ville (voir aussi Instagram: @itineraires_pluriels). Il y a la nature aussi, l’aquarelle, les médias mixtes (@catherine_koeckx_art). En 2021, j'ai publié Le Guide lovecraftien de Providence (disponible sur Amazon ou commande privée à catherine.koeckx@gmail.com). En 2023, j'ai publié Dedans la Ville aux Editions Novelas.

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