Escapade littéraire à Paris

Jour 1 | George Sand et Marilyn Monroe

A priori, aucun point commun entre ces deux femmes. Si ce n’est qu’en 2026 on commémorait les 150 ans de la mort de la première (8 juin 1876)  et le centenaire de la naissance de la seconde (1er juin 1926). Et que durant ce bref séjour à Paris, j’ai visité au cours de la même journée le Musée de la vie romantique dont une salle est dédiée à la célèbre romancière et l’expo Marilyn organisée par la Cinémathèque de France.

Le musée est aménagé dans l’ancienne maison-atelier du peintre romantique allemand Ari Scheffer (1795-1858), rue Chaptal, et rassemble une grande partie de ses œuvres. Chopin et George, lorsqu’ils étaient à Paris, avaient un pied à terre à deux pas de là, rue Jean-Baptiste-Pigalle, ils étaient des habitués du salon que tenait le peintre. Quelques tableaux et objets ayant appartenu à cette dernière y sont exposés. Je déjeune ensuite d’une petite salade et d’un crumble abricots-cerises dans le jardin ombragé. C’est calme, juste ce qu’il me faut.

Sur mon chemin vers la Cinémathèque. je m’attarde dans le jardin médiéval du musée de Cluny. Deux dames d’un certain âge prennent place à côté de moi sur le banc où je suis assise. Elles devisent de choses et d’autres, je ne saurais dire de quoi précisément, mais c’est apaisant. Le rat vient s’abreuver dans la mare au milieu des fleurs et plantes qui n’en peuvent plus de chaleur.

L’expo Marilyn est un bijou : extraits de films et d’interviews, superbes tirages photos noir et blanc et couleur, robes issues de collections privées, vêtements et objets destinés à cantonner les femmes et actrices dans leurs rôles de l’époque. Et c’est ici que je ferais un parallèle entre George et Marilyn. Chacune à sa manière a œuvré pour la cause féminine. George par ses écrits, sa verve, sa liberté de ton, son mode de vie, ses tenues vestimentaires et Marilyn, par l’indépendance qu’elle a prise vis-à-vis des maisons de production en créant la sienne propre et en n’ayant de cesse de démontrer au long de sa carrière qu’elle pouvait jouer des rôles bien plus significatifs que ceux auxquels le sexisme a voulu la réduire.

Jour 2 ––  Georges Perec et Balzac

Rendez-vous dans le 16e arrondissement pour la Bulle d’aiR « Perec à Passy », organisée par Anne Savelli et Joachim Séné du collectif L’aiRNu, autour de la rue de l’Assomption où Georges Perec a vécu (N°18). Le N° 18 de la rue de l’Assomption est un bâtiment Art Nouveau de 1925 de Charles Lemaresquier avec dans le haut de sa façade un bas-relief qui représenterait un Bacchus vomissant mais il semble ne pas y avoir d’explication définitive à son sujet.

Des extraits de Rue des Batailles d’Antonin Crenn, Paris de Georges Perec – la ville mode d’emploi, de Denis Cosnard, En lisant en écrivant de Julien Gracq, Lieux, bien sûr de Georges Perec lui-même nous sont lus tour à tour par Anne et Joachim. Nous pénétrons même dans la cour intérieure du Lycée Molière, rue du Ranelagh, où a enseigné Simone de Beauvoir. Enfin nous terminons la balade par un arrêt dans le local de l’aiRNu. Dans le jardin, Anne nous lit un extrait de Renata n’importe quoi de Catherine Guérard.

Impossible de quitter le quartier sans visiter la maison de Balzac, repérée lors de la promenade du matin, et me glisser parmi les nombreuses sculptures à son effigie, admirer sa fameuse cafetière ou la table sans prétention où il a écrit la majeure partie de la Comédie humaine, ou encore les illustrations de son œuvre par Georges Villa et pour moi, cerise sur le gâteau, les matrices typographiques réalisées par Charles Huard de l’ensemble des personnages de la Comédie humaine. Avant de retourner à la cohue du métro parisien, je déguste une délicieuse part de clafoutis aux cerises dans la quiétude du jardin tout en me remémorant ma visite au château de Saché il y a près de quarante ans. Il faudra que j’y retourne un jour.