Le vaste monde

Incursion, hier, dans le vaste monde ou faudrait-il parler d’excursion, sortir de ton chez toi excentré pour aller voir une expo au centre-ville, incursion car la visite a duré environ deux heures, tu n’as pas joué les prolongations, tu as repris immédiatement le chemin en sens inverse, excursion parce qu’il a fallu te préparer à partir, t’extirper de ton lieu de vie et faire 40 minutes de transports en commun pour rejoindre la salle d’expo (un peu moins pour le retour) et que tu aurais presque l’impression de visiter un lieu qui t’est devenu étranger, tu n’as plus l’habitude de voir autant de gens en des espaces aussi restreints.

Est-ce à dire, donc, que la ville serait le vaste monde, du moins de ton point de vue d’excentré qui, comme le terme l’indique, vit en dehors du centre, à la périphérie en l’occurrence, oui mais ça n’en est pas moins la ville, même si ce sont des mondes qui n’ont pas grand chose en commun mise à part, peut-être, leur appellation de ville, n’est-il pas plutôt, ce vaste monde, celui des espaces naturels que tu retrouves sur le territoire même de la périphérie de la ville lorsqu’aujourd’hui tu t’immerges dans cette nature comme pour te nettoyer des scories qui se seraient accrochées à toi ?

Jour de tempête

Te dire qu’avec un argentique jamais tu n’aurais pris cette photo. Une plante devant une fenêtre, photo divisée par une ligne verticale, un tiers deux tiers, certaines feuilles sont dans l’ombre d’autres dans la lumière de cette journée sombre de février, les feuilles de forme ellipsoïdale sont tombantes, certaines se terminent par une pointe très allongée, de fines tiges les relient entre elles à la tige principale, dans le tiers de gauche on aperçoit trois feuilles surmontées d’une guirlande de lumières, toutes les autres, une quinzaine, se situent dans le tiers de droite, elles masquent l’extérieur comme un rideau, lui même tenu à distance par un rideau de pluie, tout est gris, blanc, ouaté, sans relief, c’est un jour de tempête, un jour d’intériorité.