ou ma visite à mon amie Françoise Renaud dans la Creuse
Un dernier virage et la maison apparaît, puis la voiture blanche, comme elle me l’a indiqué. Je suis arrivée. Tout juste le temps de me garer, tirer le frein à main, Françoise surgit à la portière, souriante, accueillante. On s’embrasse comme deux amies de toujours alors que jusque-là, nous n’avions fait qu’échanger virtuellement. Et pour reprendre ses mots, notre connivence s’est rapidement installée.
Conversations et échanges à bâtons rompus sur l’écriture, les livres, la Vie, arrosés de thé noir ou de rooibos selon le moment de la journée, entrecoupés de visites au jardin parmi les coquelicots, la sauge, les ombellifères, les coquelourdes, l’abelia en fleurs comme un écho à celui de mon propre jardin.


Certains se souviendront de ma note de lecture à propos de Carnet de murmures, paru en juin 2025 (Carnet de murmures) où par la magie de la prose poétique et évocatrice de Françoise je lui emboitais le pas dans son domaine des Fougères, goûtais les framboises et les cassis, caressais les coquelicots et les douces poulettes. Et voilà que soudain, tout cela devenait bien réel.
D’autres jardins. Le jardin médiéval de Bénévent-l’Abbaye que Françoise souhaite me montrer. On descend quelques marches bien raides et on se trouve dans un autre monde, celui des moines qui patiemment créaient un jardin utilitaire, plantes médicinales principalement et tinctoriales, disposées en parterres bien définis, agrémentés d’une variété de fleurs qui ravissent l’œil. Et en point d’orgue, le jardin de George Sand à Nohant, sa roseraie, son petit bois, son potager, ce champ de coquelicots et autres fleurs champêtres où se perdre, et nos conversations se poursuivent sur les bancs du jardin.


Parce que, oui, visiter le domaine de la dame de Nohant figurait à notre programme dès le départ. J’y étais venue déjà en juillet 2013 la semaine du festival Chopin, j’avais assisté à l’Impromptu musical et littéraire – Sand et Chopin à Nohant. Chaises installées pour le public dans l’espace arrière de la maison. Musique délivrée depuis le piano de la salle à manger fenêtre grande ouverte et balade littéraire contée dans le jardin ensuite. Ici, la guide, une inconditionnelle de George, nous mène d’entrée de jeu à la cuisine, pièce maîtresse de la maison, ultramoderne pour l’époque, indispensable puisque George reçoit énormément et met un point d’honneur à bien nourrir son personnel, dans tous les sens du terme puisqu’elle leur apprend même à lire et à écrire. Une pièce qu’on n’oublie pas. Les autres défilent, la salle à manger au lustre rococo en verre de Murano, le salon et sa galerie de portraits de famille, le placard dont elle avait fait sa chambre et son bureau à l’époque de son mari, le petit théâtre, quelques-unes des marionnettes de son fils Maurice, mais cette fois nous n’avons pas pu visiter l’atelier de celui-ci.
Je n’ai pu m’empêcher d’imaginer la guide en costume de George. Au détour d’un couloir, j’aurais eu une seconde d’hésitation tant je lui trouvais le même profil. Sûr qu’aujourd’hui, George aurait, comme elle, porté tatouages et piercings.





Et en un éclair, voilà venu le temps de reprendre la route vers Bruxelles, de retourner chacune à notre monde, nos fleurs, nos animaux, notre écriture avec tous les échos de cette rencontre.
Merci à toi, chère Françoise

quelques jours ensemble dans les jardins, c’est exactement ça…
ici peu d’habitants, une nature ultra présente, impossible de l’ignorer et de ne pas la regarder… et il faisait déjà chaud quand tu étais là, il va faire encore plus chaud et pendant longtemps (hélas !), les jardins souffrent déjà énormément, rien ne nous sera épargné…
on ressent bien la place du grand châtaignier à côté de la maison, il y en a d’autres mais celui-ci est le gardien et je te remercie de l’avoir intégré à ton périple car je tiens beaucoup à lui
bon retour à toi, chère Catherine, après ce séjour en mes terres…en espérant t’avoir ravie…
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